Point[s] d'accroche

Pensées plurielles féministes autour du genre, du sexe et des sexualités

 // 06.04.2016

Par-delà pudeur et impudeur féminines. « Dentelles » de Maël Baussand, sorcière du XXIe siècle



« Ici je parle de mon sang, je parle de quand je saigne », écrit Maël Baussand au sujet de sa série photographique intitulée « Dentelles ». Au début des années 1990, dans le film La pudeur ou l’impudeur, Hervé Guibert exhibait le secret de son sang travaillé par la mort car contaminé par la maladie alors jugée « honteuse » du SIDA :

Bien avant la certitude de ma maladie sanctionnée par les analyses j’ai senti mon sang tout à coup découvert, mis à nu, comme si un vêtement l’avait toujours protégé sans que j’en aie conscience. Il me fallait vivre désormais avec ce sang dénudé et exposé à toute heure, dans les transports publics, dans la rue quand je marche […] Est-ce que cela se voit dans les yeux ?[1]

Presque cinquante ans après les « sorcières » de la deuxième vague, le sang féminin reste dans l’imaginaire collectif et les représentations de l’ordre de l’imprésentable, maladie « honteuse » d’une féminité associée à l’impureté. Le marché le recouvre du voile hygiénique des tampons qui l’absorbent, le rendant invisible et inodore. Les réflexions féministes l’évacuent souvent de peur de l’accusation d' »essentialisme », le retranchent pour revendiquer un corps construit, technique, transformable. Avec « Dentelles », Maël Baussand lève le voile de l’imprésentable. L’artiste met à nu le sang féminin. Elle en révèle la violence et la beauté, scrute la vie et la mort à l’œuvre sur ses tampons tachés. Son geste, à la fois impudique et pudique, cru et tendre, intime et universel, renoue avec ce que Nelly Arcan appelait « la plus vieille histoire des femmes », à savoir « celle de l’examen de leur corps, celle donc de leur honte »[2]. Elle invite à en renouveler l’appréhension.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Anaïs Frantz : Notre civilisation valorise les fluides masculins, le sang et le sperme, tandis qu’elle s’approprie, dans le rite patriarcal de la défloration nuptiale par exemple, ou retranche, le sang féminin considéré comme impur, sale, maudit. De même, elle héroïse la violence masculine qu’elle ne se lasse pas de représenter, lorsque le récit d’un accouchement ou d’un avortement gêne. En 1955, Violette Leduc est censurée pour avoir décrit, entre autres choses jugées embarrassantes, un avortement (alors illégal) et en particulier l’hémorragie qu’il avait entraîné. En 1994, on reproche à Virginie Despentes de s’être éloignée, avec Baise-moi, du domaine des « jolies choses » auxquelles une femme écrivain serait censée se cantonner. Il n’est pas anodin, dans le roman de Despentes, qu’au moment où les héroïnes vont reprendre à leur compte la violence masculine, elles s’absorbent dans le spectacle du sang des règles qui s’écoule du « dedans » de Manu. Avec ce sang exposé, exhibé, dehors, c’est leur propre violence qu’elles laissent littéralement s’exprimer :

[…] Manu est accroupie dans un coin. […] Elle regarde attentivement du sang couler d’entre ses jambes, bouge son cul pour faire des traînées. Les taches rouges sombres restent un moment à la surface, bulles écarlates et brillantes, avant d’imprégner les fibres, s’étaler sur la moquette claire.

Nadine s’accroupit en face d’elle, considère sentencieusement le mince filet de pisse rouge très épaisse qui lui sort par saccades plus ou moins généreuses. Dedans, il y a des petits lambeaux plus sombres, comme la crème dans le lait qu’on retient avec la cuillère. Manu joue avec ses mains entre ses jambes. Elle s’est barbouillée de sang jusqu’aux seins. La petite dit : « Ça sent bon dedans, enfin faut aimer » […][3]

Ce sang féminin, tiré du « dedans » pour être publié, c’est-à-dire rendu public, telle est l’encre avec laquelle Despentes écrit. En témoigne l’allitération « sang-seins-sent » qui « fait des traînées » dans le texte, de même que Manu « bouge son cul pour faire des traînées » avec son sang. Un sang qui ressemble à du « lait ».  « Les femmes n’ont pas le plaisir guerrier mais elles sont porteuses d’une violence inouïe », lisait-on dans le numéro de la revue Sorcières (1976-1981) consacré au sang[4].

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Lever le voile sur le « dedans », en exprimer toute la sauvagerie retenue, laisser couler les fluides corporels, cela choque et gêne. L’Histoire des représentations préfère les corps féminins tamponnés, je veux dire secs et propres. Le tableau de Courbet, L’Origine du monde, est finalement très visible aujourd’hui, parce qu’il est très propre. L’artiste Jana Sterbak revendique un art « cru » par opposition à un art « mort » qui dérangerait moins. « Cruor », en latin, c’est le « sang rouge », le « sang qui coule ». Vous reconnaissez-vous dans cette revendication ?

Maël Baussand : Avant toute chose, je dois dire que je ne suis pas exactement aussi sûre que L’Origine du monde soit visible car aujourd’hui considéré comme « propre ». Il choque toujours par sa crudité il me semble, simplement il se trouve que c’est le curseur d’attention même de cet « art cru » que nous avons déplacé, parce que nos notions de propre et de sale ont aussi évolué. Ce qui gêne aujourd’hui dans ce tableau, ce n’est plus son sujet (un sexe féminin ouvert, abandonné aux regards, révélé dans toute son impudeur). Ce qui gêne, c’est que ce sexe soit velu, poilu. Aussi ouvertement « sauvage », et non domestiqué. Cela rompt totalement avec l’exigence de perfection réelle, notamment épilatoire, et le travail performatif de sa propre beauté, qui sont imposés de nos jours aux femmes et surtout à leur corps.

Je suis donc tout à fait d’accord avec les revendications de Jana Sterbak, en ce que je considère, de manière très personnelle, que l’art ne peut s’écrire que de la défamiliarisation. Un bon art est à mon sens un art qui trouble. Ce qui compte, c’est comment l’œuvre, par sa fulgurance, travaille des éléments cognitifs, des catégories de sens, et des normes préétablies. C’est dans quelle mesure une œuvre d’art modifie les paradigmes qui définissent un code générique. Quand l’art fait voler en éclat le cadre des habitudes, vaciller une tradition, quand il provoque une torsion dans nos modélisations, alors ça a un sens. L’art, enfin, est ce qui devrait, sans cesse, bouleverser le champ préfiguration/configuration/refiguration : il a précisément pour but la dilatation du champ préfigurationnel, qui a elle-même pour but un enrichissement de nos vies, afin d’accroître notre expérience des possibles. Si la rencontre avec la bonne œuvre, qu’elle soit littéraire ou artistique, a lieu au bon moment, alors toute une vie peut s’en trouver transformée.

A cet égard, L’Origine du monde est certainement une « bonne » œuvre (si tant est que l’on puisse établir des critères, ce qui me paraît toujours un peu hasardeux dans le domaine du sensible), puisqu’elle a acquis au fil des ans sa propre autonomie, et qu’elle continue de nous troubler, indépendamment de son époque d’exécution.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Anaïs Frantz : Le tampon hygiénique s’inscrit dans une Histoire d’une féminité retranchée et domestiquée. Conçu pour absorber le sang des règles et ses odeurs, il rend celui-ci invisible et inodore à la femme même qui le porte.

On appelait autrefois « modestie » une pièce de dentelle servant à voiler pudiquement un décolleté féminin. Votre série de photographies intitulée « Dentelles » opère en sens inverse. Elle exhibe la modestie intime qu’est le tampon de coton imbibé de sang. Comment formulez-vous les enjeux de cette impudeur dans votre geste d’artiste ? « Dentelles », est-ce à entendre de façon ironique ?

Maël Baussand : C’est certainement un pied-de-nez, et oui, il y a bel et bien une sorte d’ironie là-dedans. J’ignorais totalement l’histoire de cette pièce de dentelle appelée « modestie », c’est fascinant. Pourtant, je pense vraiment que ce qui prime dans mes photographies, au-delà de cette exhibition intime, c’est une grande tendresse pour l’objet-limite que demeure le sang menstruel, et pour la gestion émouvante de ses écoulements. Comme si, en voulant articuler grâce à ces images le care et le cure, j’avais aussi envie de les protéger, et de les défendre. Cette série est mon enfant mal-aimé ou bâtard, rejeté et harcelé, pour lequel je me sens un faible particulier, des dispositions spécifiques. Je lui souhaite le meilleur mais je sais que le monde sera cruel avec lui.

Cela n’a jamais été une question sans importance, dans les sociétés, de savoir ce qu’il convient de faire du féminin. La féminité, dans toutes ses acceptations, semble constamment être un problème, comme si être femme était une indisposition naturelle. On invisibilise donc ce qui gêne, particulièrement dans son corps.

La pudeur et l’impudeur sont, quant à elles, dans l’œil du regardeur : dans la charge émotionnelle qu’il place en les choses, dans sa propre mythologie personnelle, et selon ses propres paradigmes. Ces notions sont à manipuler avec précaution tant elles sont relatives. Mon regard a beaucoup évolué sur ces images, d’abord envisagées comme un exorcisme, puis inscrites dans une démarche engagée, et enfin considérées avec un penchant, une affection, une inclination bien singulière. Je considère toujours cette série « Dentelles » comme ma série-vitrine.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

A l’origine, le titre de cette série devait être le nom chimique, scientifique, de l’ingrédient principal entrant dans la composition des serviettes et tampons hygiéniques. Mais je me suis aperçue avec stupéfaction et une certaine horreur, qu’il est impossible de savoir de quoi sont faites les protections périodiques. Leur composition n’est pas connaissable, elle n’est indiquée nulle part. En d’autres termes, nous n’avons absolument aucune idée de ce que nous plaçons exactement, de manière régulière, et tout au long de notre vie, contre et à l’intérieur de ces parties sensibles que sont nos muqueuses génitales. C’est très choquant, et, quand on y pense, cela paraît incroyable : comment quelque chose qui concerne la moitié de la population mondiale peut être à ce point méconnu, passé sous silence ?

« Dentelles » m’est venu plus tard, en regardant ces images comme un objet esthétique neutre : j’ai commencé à y voir se dessiner des formes raffinées qui me rappelaient ce textile, entre la lingerie fine et le voile ouvragé. Et c’était le titre qu’elles devaient avoir, j’en suis convaincue.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Anaïs Frantz : Vous utilisez le très gros plan. Ce choix produit des ambiguïtés. D’une part, il souligne l’impudeur de votre geste qui consiste à montrer au plus près ce dont on préfère rester éloigné : ce que Pascal Quignard appelle « sordidissimes », les déchets, restes, objets perdus, tombés ou rejetés du quotidien que sont les tampons usagés. Mais d’autre part, il crée une indécidabilité dans l’interprétation des images dont en quelque sorte il révèle le secret. Le cordon du tampon évoque ainsi un cordon ombilical et la « dentelle » de coton imbibée un placenta. On voit des béances, des blessures, des déchirures, des textures qui font penser au végétal ou au plastique, des tissus en tous genres. Autrement dit, tout un réseau de signes, toute une mémoire enfouie, indicible, ressurgissent dans l’exposition du tampon taché. Comment travaillez-vous cette dimension de révélation, cette relation entre le visible et l’invisible, dans le travail photographique qui est le vôtre ?

Maël Baussand : L’infame-fame, entre la frénésie du visible de Linda Williams et l’effet-Méduse de Philippe Dubois… On m’a beaucoup reproché, à plusieurs reprises et pas seulement pour cette série, de rester justement dans l’indécidable, de maintenir une ambiguïté qui semble à beaucoup insupportable – probablement parce qu’elle fait remonter du contenu sémantique, ressurgir des questions, plutôt que d’apporter des réponses. Nous avons un rapport consumériste à l’information en général, et l’appréhension empirique, logico-mathématique et scientifique des choses, domine, aussi ne pas donner de « résultat » quantifiable, d’issue définitive, provoque chez beaucoup une certaine angoisse. Tour à tour critiqué comme un manque d’affirmation plastique de ma part, ou comme un flottement technique et sémantique, peu ont finalement véritablement compris que c’est toute une esthétique du trouble que je m’efforce de cultiver. Préserver le secret, dissimuler tout en révélant, ou révéler tout en dissimulant, être sans cesse entre le montré et le caché, le visible et l’invisible ou le lisible et l’illisible, aborder mes objets par le flou ou le détour, sont des constantes chez moi. En revanche certaines de mes séries tranchent totalement avec ce type d’esthétique, en prennent le contre-pied… et leur iconographie est alors jugée trop crue, trop brute. Il n’y a pas de bonne manière de faire, vous finissez toujours perdant pour quelqu’un. J’ai arrêté de me préoccuper de ce type de jugements.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

L’ambiguïté et le trouble sont les pierres angulaires de mon travail photographique, et je les revendique comme telles. Permettre aux gens qui regardent mes photographies d’être pour un temps comme des sémiologues ou des herméneutes, me convient tout à fait. Mieux : cela me plait.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Anaïs Frantz : Vos images sont belles mais elles provoquent aussi une répulsion. Quelles réactions avez-vous rencontrées lors de leur exposition en galerie ? En quoi celles-ci sont-elles significatives selon vous par rapport aux représentations du corps féminin aujourd’hui ?

Maël Baussand : Il ne faut pas s’attendre à une appréciation franche de la part de bien des acteurs du monde de l’art : votre travail est bankable, ou ne l’est pas. Les institutions peuvent être un véritable fléau. J’ai demandé une fois son avis sur mes images à un galeriste relativement connu, qui m’a répondu très doctement qu’il ne pouvait pas émettre d’appréciation sur mes photographies si elle n’était pas appréhendées par lui dans un espace. Et que mon rôle d’artiste n’était pas de produire un discours autour de mon travail. C’était… étonnant. J’étais alors encore en quête de légitimité (souvent une « déformation professionnelle » de la part des individus de sexe féminin, qui consiste souvent à tendre la joue pour se faire gifler), je n’avais pas compris que tout le véritable enjeu est, en réalité, de construire son illégitimité. Maintenant je me demande si, en ayant été un homme, il m’aurait prodigué les mêmes conseils : me demander de me taire, et ironiser sur la présentation de mes images. Heureusement, on rencontre aussi beaucoup de gens très bienveillants.

Je pense que les vraies réactions vous viennent du public, et si, au début, ce dernier était loin d’être tendre avec moi, aujourd’hui il m’est bien plus favorable. Je comprends que mes photographies peuvent toucher, et ça leur donne une raison d’être – l’essence de l’art, c’est aussi, en partie, l’exposition.

Ce sont des femmes qui ont réagi le plus violemment à mes images : elles les trouvaient pire que blessantes, humiliantes. Elles avaient le sentiment que je déchirais le voile de pudeur nécessaire à l’appréhension de cet objet-menstrues (qui est une construction culturelle, qu’on se le dise) et que je les jetais, elles qui s’efforçaient de respecter ces injonctions de secret, sur la place comme pour un lynchage public. C’était obscène, on ne devait pas en parler. Je transgressais cela, j’étais donc une espèce de traîtresse. Ca a été un moment terrible.

Des hommes aussi. Certains ne supportent tout simplement pas qu’on leur parle de la réalité patente du corps féminin, ou même simplement de son humanité. Un corps féminin dans leur esprit est désirable (pour reprendre leur propre mot, « baisable »), ou n’est pas, n’existe pas. Point. Dans cette logique misogyne (ou gynophobe, on ne sait pas très bien), tout ce qui concerne les afflictions du corps féminin est à bannir. Ce n’est certes pas nouveau, mais donc d’autant plus alarmant : cela montre vraiment un problème d’ensemble avec la manière dont sont perçus les corps féminins dans notre société – comme des objets consommables. Cela reste un problème, et chaque femme en a déjà fait l’expérience, parfois même très tôt. Nelly Arcan l’exprimait très bien : vous serez, en tant que femme, toujours, sans cesse, ramenée à votre corps, et plus particulièrement à son image dont vous êtes tributaires. Que vous soyez jolie ou laide, vous avez déjà perdu.

Donc, brisons cette image, ces constructions, et tout un système s’enflamme. Prendre de plein fouet cette violence (fait intéressant : on m’a menacée de me faire manger mes propres serviettes et tampons), c’est très difficile. On peut s’effondrer, ou choisir de se battre et de continuer. Bien souvent, on se retrouve dans une position schizophrénique entre les deux.

Aujourd’hui, beaucoup de femmes et d’hommes m’expriment leur reconnaissance, les unes pour embellir cette réalité de leur corps qu’on leur avait appris à mépriser et à percevoir comme une souillure, les uns pour révéler un phénomène qu’ils connaissent, en définitive, très mal, et pour lequel ils ont bien plus de curiosité ouverte qu’on ne pourrait le croire. Il ne me manque plus que les retours du panel d’individus qui naviguent avec fluidité entre les genres !

Mais c’est ma grande fierté d’avoir été remerciée.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Anaïs Frantz : Considérez-vous votre démarche comme « féministe » ?

Maël Baussand : Oui, absolument, et je vous remercie d’avoir posé la question. Je n’ai pas peur d’être taxée de sorcière ou d’hystérique : il est urgent de dédiaboliser ce terme, afin de permettre à tous ceux qui en ont besoin (et ce ne sont pas seulement des femmes) d’en bien comprendre le sens, pour mieux se l’approprier. Beaucoup de gens sont des féministes qui s’ignorent, des « je ne suis pas féministe, mais… ».Vous savez que quelque chose va mal dans votre société quand un mot créé à l’origine pour désigner un mouvement visant à accorder des droits égalitaires et une place égale aux femmes dans la vie civile, a une connotation toujours bizarre et est associé à du négatif. Assez de ces euphémismes frileux, « humanisme », « égalitarisme »… c’est « féminisme » le mot !

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

« Dentelles » par Maël Baussand

Dentelle.

 Tissu de l’intime, féminine par excellence, tissu de romance et d’érotisme.

 On l’aime rouge, blanche, noire, rose.

 Elle se dévoile entre deux étoffes, elle se révèle, timide, quelque peu impressionnable.

 A fleur de peau.

 Tendrement sexuelle.

 Elle œuvre dans la suggestion, symbole à elle seule du corps convoité.

 Parfois comme cils ouvragés des jupons, parfois lingerie fine, ornement du “sexe faible”.

 Elle vient de l’envers, du dessous, d’un monde de fragilité et de délicatesse.

 Toujours douceur, cachée dans l’élégance.

 Elle se déchire comme l’hymen des femmes.

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013

Maël Baussand, "Dentelles", 2013

Maël Baussand, « Dentelles », 2013


Notes

[1] Hervé Guibert, 2009, La pudeur ou l’impudeur (TF1, 1990-1991), DVD/BQHL, 62 mn.

[2] Nelly Arcan, Burqa de chair, Paris, Seuil, 2011, p. 95.

[3] Edition J’ai lu, p. 152.

[4] Evelyne Mézange, « Femmes rouges toujours plus belles ! », « Le sang », Sorcières, n°9, p. 6.



Blog de Maël Baussand

Exposition « Images Fluides » à la galerie Jed Voras (Paris), 17 février-15 mars 2016

« Dentelles de sang chaud », entretien du 28 février 2016

« Dentelles » par Maël Baussand

Voir sur Point[s] d’accroche « Pazz’ di giustizia »

Jana Sterbak, « Robe de chair », elles@pompidou


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